Projet d’économie raisonnée

Tentative de compréhension de l’économie

Sans vouloir tenir compte de toutes les théories économiques précédentes, il est possible de partir du constat actuel de l’échec de tous les remèdes utilisés.

La monnaie

Créer de la monnaie est une chose, contrôler son utilisation en est une autre. Car la monnaie doit bien aller quelque part. Donc à partir de les banques centrales créatrices de cette monnaie électronique, la première destination sont les banques.

Les banques, normalement, prennent le moins de risque possible et donc prêtent en priorité aux états qui présentent comme garanties les ressources des impôts et taxes existants ou à créer. Puis, en seconde position les entreprises les plus importantes c’est-à-dire tout d’abord elles-mêmes, mais nous y reviendrons, puis les multinationales et enfin quelques prêts locaux offrant les meilleures garanties, ou copinage politique ou autre. Et, tout en fin quelques bribes dans l’économie réelle plus particulièrement les prêts immobiliers couverts par un apport substantiel.

Pour continuer dans la plus simple, les entreprises multinationales utilisent ces fonds soit pour moderniser leur équipement (robotisation essentiellement) soit pour acheter des concurrents ou des entreprises complémentaires de leurs activités afin de grossir et se mettre à l’abri des prédateurs. Et là nous entrons dans la psychologie des grands chefs d’entreprises qui n’ont en réalité qu’un but : devenir les plus gros, les plus puissants et éventuellement les plus rentables. Leur actionnariat est très rarement contrôlé par une seule main, parfois par une famille, mais l’essentiel est détenu par les fonds de pensions qui veulent des dividendes afin de payer leurs retraités. Enfin il existe marginalement des entreprises qui rachètent leurs propres titres afin de mieux contrôler leur capital.

Les plus grosses entreprises vont se développer en investissant dans de nouveaux pays de préférence à faible niveau de développement économique, donc à main-d’œuvre peu coûteuse pour les tâches à faible niveau technique donc ne nécessitant pas de spécialistes en nombre, les tâches de production étant assurées par les robots.

D’où cette défenses très forte d’une mondialisation si possible sans frontières et uniformisée afin d’optimiser la gestion de ces multinationales. Cette volonté dispose d’énormes moyens tant financiers que médiatiques pour protéger ses intérêts. Seuls les peuples peuvent s’y opposer quelque peu, mais nous verrons les motifs et quelques conséquences de cela plus loin.

Après les entreprises, mais tout aussi importante et assez compréhensible, est l’utilisation de la monnaie par les états. Tout d’abord son fonctionnement qui tend à devenir toujours plus important et plus coûteux ; je ne décrirais pas cette partie que l’on peut trouver dans d’innombrables ouvrages et articles. Mais plutôt de ses périphériques qui sont autant de groupes de pression et de soutiens aux pouvoirs en place, sans jamais ou presque, être  supprimées mais bien plutôt institutionnalisés par consentement mutuel. Ce sont les innombrables comités, associations et « groupes » de travail et de recherches qui représentent, additionnés, des montants de dépenses considérables et bien difficilement chiffrables sans un travail de compilation pendant une vie humaine !

Ensuite viennent aides et subventions à toutes sortes de minorités ou groupuscules dont les plus importants sont quelques entreprises en difficultés dans des points politiquement stratégiques, ou dites de sécurité publique, ou encore d’utilité publique dont le meilleur exemple sont les subventions à la presse.

Mais le gros des dépenses concerne la santé, le chômage et les retraites. La santé qui est utilisée politiquement pour agrandir la dépendance des sujets. Les indemnités du chômage sont des éléments de même ordre. Les retraites françaises par répartition fonctionnent bien en période de croissance mais se révèlent ingérables lors de récessions prolongées.

Enfin les banques. Jusqu’à ce que Giscard d’Estaing et les fonctionnaires européens décident que les états ne pourraient plus emprunter directement aux banques centrales puis à la BCE, les banques étaient dirigées par des professionnels à la morales rigoureuse et la profession avait des pratiques strictes qui limitaient les risques systémiques et irriguaient assez convenablement l’économie réelle. Avec Giscard et l’entrée de la technocratie dans le système bancaire les choses ont pris une toute autre tournure : il fallait « faire » de l’argent à tout prix et les nouveaux patrons surent s’entourer de spécialistes très qualifiés qui surent très vite transformer les banques en casinos spéculatifs en inventant et/ou développant des produits qui n’avaient plus rien à voir avec la gestion normalement prudente des banquiers. Le tout compensé pour l’économie réelle par l’explosion du crédit pour des particuliers n’offrant de plus en plus souvent des insuffisances de garanties mettant en péril le système. Alors fut imaginé les « subprimes » qui sont aux crédits à gros risques ce que la tontine est à une économie normale. Partis des USA ces produits furent placés dans quasi toutes les banques occidentales alléchées par des taux de rendement pourtant bien inférieurs à celui qui serait demandé pour ces produits à haut risque. C’était et c’est toujours la mutualisation de créances très douteuses. Les réserves des investisseurs institutionnels et des banques en sont bien pourvus. Maintenant ce sont les banques centrales qui les rachètent pour éviter tant que possible les crashs bancaires.

Sans parler des divers produits dérivés issus de l’imagination sans limite de la technocratie bancaire qui sont devenus incontrôlables. Des mesures dictatoriales ont même dû être prises pour éviter les crises gravissimes. Un seul exemple : les certificats boursables sur l’or que de très nombreux particuliers ont achetés mais qui ne recouvrent en fait qu’extrêmement peu d’or physique. Les banques ont obtenu par la loi que les clients ne puissent pas demander la livraison de la matière réelle. On en est même à douter de la réalité des réserves d’or de certains états qui ont pu les prêter ou s’en servir pour des opérations de rémérés.

Pour faire simple, de très nombreux pans entiers de l’économie sont devenus virtuels et ne reposent sur aucun fond de réalité. Le plus visible et le plus dangereux étant celui de la monnaie dont les émissions asymptotiques de nombreux pays, parmi les plus importants économiquement, ont atteint des niveaux impossibles à résorber ni même à gérer. Seul le paiement des intérêts reste crédible tant que les taux d’intérêts restent gérables aux très bas niveaux actuels. En cas de hausse des taux c’est l’explosion économique puis sociale assurée qu’aucune levée d’impôt ne pourra combler dans des pays déjà au bord de la paupérisation.

Cet état des lieux étant fait dans ses grandes lignes, il reste à proposer des solutions.

Une parmi les plus intéressantes consiste à retrouver les monnaies nationales pour l’usage interne et conserver l’euro pour les échanges internationaux. Chaque pays pourrait ainsi gérer son économie interne et réajuster le cours de sa monnaie par rapport à l’euro en fonction de ses choix économiques et sociaux. Cela implique de fermer les frontières et de rétablir une barrière douanière pouvant protéger les initiatives locales d’une concurrence mondiale jusqu’à une lointaine adaptation des productions et services à l’échelle mondiale. Ainsi la transition vers la mondialisation pourrait se faire en douceur sans nécessiter la destruction des valeurs locales. De plus le rétablissement d’une barrière douanière permettrait la régulation des mouvements de population.

Cette possibilité semble de plus en plus avoir les faveurs de nombreux économistes avant de parvenir à pénétrer la sphère politique qui est par construction frileuse et bien souvent sclérosée par le risque électoral. Il est donc nécessaire de former la population à cette évolution mais il est quasi certain qu’elle rencontrera une acceptation naturelle chez une majorité de gens. Le souvenir de la Lire, de l’escudos, de la pesetas et des francs est encore dans beaucoup de mémoire et porte un « mieux vivre » nostalgique.

Comment revenir en douceur à une économie normale ? Je vais me cantonner à l’Europe qui représente une charnière entre les très grandes puissances économiques et les pays en voie de développement.

La mondialisation, étant voulue accélérée par les grands groupes internationaux, conduit à un début de révolte des éléments mediums des sociétés : les cadres. Ils ont les outils intellectuels pour entrevoir leur sombre avenir les capacités pour intervenir. Il en est ainsi de leur jugement sur la construction européenne qui les laisse sur le bord de la route au profit de fonctionnaires et de quelques milliardaires opportunistes. Leur seule possibilité car ils sont de nature peu révolutionnaires, va se retrouver dans les urnes lors d’élections qui verra de plus en plus des tendances privilégiant  des mouvements  souverainistes.

Mais c’est probablement le passage obligé pour pouvoir envisager de bâtir une autre Europe plus respectueuse des particularismes culturels et sociétaux avant de laisser une économie mondialisée prendre ses aises. La lutte est et sera farouche tant les moyens mis en œuvre sont considérables de part et d’autre : les puissances de l’argent face à la volonté populaire exprimée dans les urnes. D’autant que les puissances financières ont mis la main sur l’essentiel des medias à l’exclusion de la toile où se retrouve regroupés les tenants du souverainisme. Aux USA l’élection de Trump a été le coup de semonce et les élections françaises sont le deuxième grand test. Cela déterminera la réalité de la volonté des peuples à résister à l’uniformisation mercantile de la planète ; la France étant encore un modèle reconnu de haut tenu démocratique, bien que très entamée par la manipulation pour la doxa, assénée pendant plus de trente années, de socialisme mondialiste.

Cette internationale socialiste s’est aussi appuyée sur l’entrée d’une population à la culture très différente et même opposée à l’occidentale ; il s’agit de l’islam. La connivence s’appuie sur la même volonté de mondialisation et la même finalité économique : peu « d’élus » pour diriger la masse énorme des pauvres si possible incultes jusqu’à se réfugier dans la croyance d’un « dieu » transcendant  dont ils sont les esclaves soumis.

En refondant une mondialisation respectueuse de toutes les cultures et de toutes les croyances pourrait conduire à un juste équilibre pour une vie harmonieuse mais nécessiterait une autorité et un bras armé faisant respecter cet ordre des choses. C’est assez loin d’être imaginable dans le monde décomposé actuel et peut-être faudra-t-il en passer par une descente aux enfers pour en arriver là. Je laisse à l’imagination et à l’expérience de chacun pour décrire ce que pourrait être cet enfer.

D’autant que notre planète n’offre que des ressources limitées pour un nombre exponentiel d’individus et il ne sera pas facile de trouver le bon équilibre en la qualité de vie désirée par chacun et le nombre de gens pouvant y accéder. Nous sommes bien loin de toutes ces réflexions mais il faudra bien un jour en poser les bases.

Ou bien imaginer poursuivre notre développement vers d’autres planètes. Mais à ce jour nous entrons dans la science fiction.