Petites études 1

De la DUALITE

ou

Du BIEN et du MAL

 

 Dans le polythéisme, les dieux sont utilisés pour recouvrir toute l’échelle du Mal au Bien, et donc montrent aux hommes le développement d’une échelle de sensibilités. ( ou bien, il s’agit d’une image projetée des hommes les plus évolués et conscients vers les autres hommes ; ou encore d’une « indication » de l’inconscient collectif)

  La voie du Milieu nous positionne à l’abri, par équilibre, de l’attraction d’un pôle ou de l’autre. Ceci est la description (sommaire) d’un échappement, d’une indifférence libératrice conduisant directement au nirvana et à notre dilution individuelle dans l’extatique général. Il n’y a plus ici aucune trace de sensibilité.

Mais cet échec du développement des potentialités de l’Unité privilégie le chaos primaire à son détriment.

 Dans le système monothéisme, Dieu ayant confisqué le Bien, le devoir de l’Homme, qui a dû donc prendre le mal restant libre, est de lutter pour regagner le Bien en Dieu, en annulant les opposés. (Ce qui est dit sur l’accomplissement intégral du Mal est absolument réversible au bien, ou aux autres dualités telles que le Beau et le Laid comme au Japon.)

Mais l’effort demandé est tel que l’homme finit par se réfugier dans le matérialisme, sauf rares exceptions de forts introvertis qui émergent comme des phares montrant autre chose. Le parcours de la totalité de l’échelle est quasi inaccessible, mais les échelons deviennent ainsi fort nombreux et le développement de la sensibilité est excellent.

 Il existe une autre façon d’envisager l’étude du problème qui consiste en la reconnaissance de la totalité de l’échelle prise comme telle. Et alors, par exemple le Bien et le Mal sont considérés comme les deux extrémités archétypales de la même échelle qui devient de ce fait non vectorisée. Alors, nécessairement, l’homme, relativisant donc dominant, le Bien et le Mal, se positionne en Dieu. Et si, comme jusqu’à présent, la notion de Dieu est perçue comme transcendantale, elle doit être remplacée par celle, immanente, d’un Inconscient collectif. Cet I.C. qui est en développement perpétuel par l’action, la vie, de tous ses vecteurs sous-ensembles.

Ainsi, depuis les origines, cet I.C. gère les hommes, les fait passer par tous les stades nécessaires à son développement psychique (et projeté pour examen, c’est à dire reconnaissance et comparaison, dans un espace-temps, univers image). Et les hommes le construisent, l’affinent, l’enrichissent dans tous les sens. Il faut bien dire que l’essai égyptien a donné une telle satisfaction, un tel plaisir d’enrichissement, qu’il n’a pas été possible de résister à son extension. Et c’est pour ce faire qu’a été émis, sourdis, Moïse, qui a su et pu propager l’expérience aux dimensions de la planète. Il a créé deux pôles, l’un au départ de la Grèce vers l’occident : superficiel, matérialiste, extraverti, l’autre qui lui est opposé en tout, massivement introverti,  vers l’Indus et l’Asie.

La tendance est actuellement nettement au regroupement qui peut conduire à un autre stade de développement soit purement mental, soit aussi, parallèlement, projeté à la taille de la totalité de l’univers physique.

L’hésitation est grande sur le choix, d’autant qu’on voit bien mal quel supplément d’information une nouvelle étape physique pourrait apporter à notre I.C. sur ses propres potentialités. Par contre un regroupement mental serait un stade de concentration et de réflexion éminemment fructueux, avant et pour une nouvelle étape de croissance. Dans le cas contraire il s’agirait de régression infantile.

La décision finale n’est pas prise.

L’univers étant en tout état de cause un outil que nous forgeons et qui restera toujours à notre disposition sur simple désire pensé.